Qu’est ce qu’il se passe quand ça craque ?

On entend tout, et surtout n’importe quoi à ce sujet.

Le craquement articulaire,

– signalerait un déplacement, ou un replacement. FAUX, il n’y a rien qui puisse se déplacer.

– risquerait « d’entrainer de l’arthrose ». FAUX.

– il abime le tissu articulaire ou engendre de la laxité, encore FAUX.

En ostéopathie structurelle, on définit la lésion comme un changement de variable d’état du tissu conjonctif, ce qui a pour conséquence une perte d’élasticité et de déformabilité de celui-ci. Quand elle concerne un système articulaire, c’est comme si le « joint » avait perdu son élasticité, sa déformabilité. Comme pour un robinet, quand le joint n’est pas élastique, le robinet ne tourne pas.

La manipulation structurelle articulaire vient contraindre ce tissu dans la direction et le sens où il a perdu ces qualités.

Ce tissu conjonctif, au niveau articulaire, c’est une capsule fermée qui contient du liquide synovial. Ce liquide synovial contient du dioxyde de carbone (CO2) à l’état moléculaire. Quand on contraint cette capsule en lésion (en compression ou en traction), la contrainte sur le liquide entraîne un changement d’état transitoire d’une part liquide en gazeux. C’est cette contrainte qui crée un phénomène cavitaire, et qui fait le bruit de craquement caractéristique. On appelle cela la TRIBONUCLEATION.

Rien ne s’est déplacé, rien ne s’est replacé. On a juste imposé mécaniquement un changement de variable d’état à ce tissu conjonctif qui localement a ainsi amélioré son élasticité, et sa déformabilité. C’est le sens de l’ostéopathie structurelle.

Mais alors pourquoi cette défiance ?

Par à priori, par manque d’information. A cause des « il paraît que ». Par mauvaise fois aussi. A cause aussi de praticiens qui montrent tout et n’importe quoi sur les réseaux sociaux. Par incompréhension de la lésion ostéopathique, qui est elle-même structurée, et qui s’auto-entretient dans le temps. Moins elle est contrainte, plus elle se rigidifie. En ce sens, dire « qu’on peut faire pareil sans faire de manipulation structurelle »; c’est bien arrangeant, mais c’est tout sauf vrai. Car les écoles forment de plus en plus d’ostéopathes fonctionnels, alors le discours disant qu’il n’y a pas besoin de manipuler se généralise. C’est dangereux, et c’est souvent la vérité qui perd sous le poids du nombre.

Rappelons tout de même le premier principe du concept ostéopathique: la structure GOUVERNE la fonction.

Guillaume MENAGE, Ostéopathe D.O., Héric