« J’ai mal au pied »

 » – Monsieur, votre pied est trop creux !

– Madame, votre pied est trop plat !

– Votre pied est trop varus, votre pied est trop valgus… »

Autant d’idées reçues quant à la forme des choses. C’est un peu comme faire du délit de sale tête. Je connais des gens pas particulièrement beaux, mais très épanouis et très équilibrés. A contrario, je connais des gens beaux comme des dieux, et plutôt c… comme des manches.

Il en va de même pour les pieds, la forme ne définit pas forcément un problème. Il y a des pieds creux qui assurent parfaitement leur fonction, de même pour des pieds plats. Ce qui compte, ce n’est pas la forme mais la capacité de la structure à accepter la contrainte. Un pied creux qui est élastique et déformable aura la capacité à accepter la contrainte qu’il reçoit. De même pour un pied plat. Quand un pied de morphotype normal qui présente des « lésions » et ainsi des zones de perte d’élasticité et de déformabilité, ne pourra plus aussi bien subir cette contrainte.

Le pied fonctionne comme un système d’amortissement et de propulsion, comme un ensemble de systèmes d’arches qui réagissent à la charge qu’ils subissent, et qui renvoient l’élasticité à l’initiation de la propulsion.

Comme ces arches sont constituées par de nombreuses structures osseuses (12 os dans le pied sans compter les orteils et les malléoles) reliées par du tissu conjonctif, elles doivent posséder une parfaite déformabilité de toutes ces structures pour assurer leur rôle.

HALLUX VALGUS

Bien souvent, il existe un caractère héréditaire à ce type de déformation, que son évolution et aggravation rend douloureuse par une déformation de l’articulation métatarso-phalangienne du gros orteil. Dans certains cas, il n’y aura pas le choix de compenser par une approche podologique, ou chirurgicale.

Mais il peut aussi être entretenu par des lésions ostéopathiques, le plus souvent sur le médio-pied et l’arrière pied. Moins vos arches de pied sont déformables, et plus le 1er métatarse (s’articulant avec la première phalange du gros orteil) va plonger (La dynamique du pied cherchera toujours l’impulsion vers la tête du 1er métatarse). Et dans ce cas, la première phalange de l’hallux n’a que d’autre choix que de se déformer vers l’axe du pied.

Il sera alors nécessaire d’obtenir, par un travail structurel, une bonne déformabilité du conjonctif du médio-pied et de l’arrière-pied. S’attacher à relâcher le conjonctif plantaire, et s’occuper du reste des variables…

Et si vous compensez cette rigidité du pied par une semelle soutenant l’arche de pied (correction de la forme); en partant d’une bonne intention, vous empêchez l’arche de pied de s’étaler, et vous augmentez d’autant plus la rigidification de l’hallux valgus au fil du temps. L’impulsion du pied fonctionne de toujours de telle sorte qu’elle se termine vers la base de l’hallux.

METATARSALGIES

Plus vos arches ont perdu des caractéristiques d’élasticité et de déformabilité, et plus vos métatarses vont plonger vers leur tête. Le contact du dur sur dur entraîne une densification du tissu conjonctif sous la tête de métatarse (comme un carreleur avec ses genoux).

Il faudra alors retrouver des caractéristiques d’élasticité et de déformabilité sur les arches de pieds, redonner à l’aponévrose plantaire la possibilité de s’étirer, sans oublier les variables en rapport.

NEVROME DE MORTONAPONEVROSITE PLANTAIRE

Les principes mécaniques, neuro, vascu sont les mêmes que pour les autres expressions douloureuses du pied.

Guillaume MENAGE Ostéopathe D.O. Héric