A priori

C’est musculaire

« Le muscle est le tissu le moins important du corps, le moins noble. C’est celui que l’on perd en premier lorsque l’on est malade, que l’on fait un régime, ou que l’on immobilise un segment. Il n’a aucun pouvoir de décision. Le fuseau neuromusculaire ne connaît que la Loi du Tout ou Rien, contracté ou relâché. Il exécute les ordres des autres. Il a impérativement besoin d’un message proprioceptif, d’origine conjonctive pour le tonus postural, ou d’origine pyramidale pour la contraction consciente. En revanche, en bon ouvrier spécialisé du système locomoteur, il est corvéable à souhait. Il retrouve facilement sa fonction, dès qu’on le nourrit et qu’on le fait fonctionner normalement.

Si le muscle se contracte, c’est qu’il en reçoit l’ordre. Cet ordre lui vient le plus souvent des informations mécaniques du tissu conjonctif articulaire ou tendineux voisin. Il s’agit d’une contraction physiologique et surtout réflexe, c’est à dire qu’il subit l’ordre. On peut s’acharner dessus, la contraction reviendra tant que l’ordre proprioceptif n’aura pas été modifié.

Voilà tout l’intérêt de l’action sur le conjonctif de la manipulation structurelle directe !

La contracture réflexe (de défense) est une qualité du muscle et non une maladie. » (JF Terramorsi, Ostéopathie Structurelle)

C’est la croissance…

C’est tout à fait possible. La croissance impose une contrainte importante sur la structure de l’enfant et l’adolescent. Mais si la plainte douloureuse est unilatérale, vous ne grandissez pas que d’un seul côté. Peut-être y a-t-il un terrain structurel qui prédispose à cette expression douloureuse.

Et tous les enfants grandissent, mais tous n’ont pas le terrain qui prédispose à une expression douloureuse.

J’ai « un nerf coincé… »

Un nerf, c’est un ensemble de racines nerveuses. Et chaque racine nerveuse est constituée de fibres sensitives, et de fibres motrices. Les fibres sensitives, petites, sont sensibles aux variations chimiques autour de la racine nerveuse. Les fibres motrices, grosses, sont sensibles à la pression mécanique. Ce qui fait que si vous avez une racine « coincée », vous avez obligatoirement une atteinte motrice (variable selon le degré de compression). Donc si vous n’avez pas de trouble moteur, il y a peu de chance qu’il y ait un phénomène de compression sur la racine nerveuse. Vous vous trouvez sûrement dans un phénomène de douleur projetée. C’est pourquoi on manipule structurellement dans ce genre de cas, la manipulation ne fait qu’améliorer les conditions vasculaires locales autour de la racine nerveuse.

« Il faut que je re-muscle ma cheville… »

La stabilité de la cheville passe par une bonne stabilité musculaire proprioceptive. Cependant, celle-ci ne peut être efficace que si la cheville, le pied, et l’ensemble des variables mécaniques sont dans leurs conditions optimales. Si elle est musculaire, elle est avant tout mécanique, il n’y a d’ailleurs aucune insertion musculaire sur la « rotule mécanique » centrale de la cheville qu’est le talus. Pour que celui-ci soit libre et fonctionnel, il faut que ses relations conjonctives avec le tibia, le calcanéus, le scaphoïde, et les autres variables soient de qualité. Sans compter les variables à distance… « Vous pouvez toujours regonfler votre pneu, mais si vous roulez sur l’extérieur de la jante… »

« J’ai mal au pied, il me faut des semelles orthopédiques »

C’est possible et ça peut-être très intéressant, et seul le podologue a les compétences pour vous en donner la pertinence le cas échéant. Mais avant cela, il faut s’assurer de la parfaite élasticité et déformabilité des structures du pied. Et s’assurer du bon fonctionnement des variables mécaniques, neurologiques, et ortho vasculaires en rapport.

« Je vous ai remis le bassin en place, il était décalé« 

On ne devrait pas dire ça. Il n’y a rien dans le corps qui se déplace, qui soit décalé, ou démis. Un ostéopathe ne cherche juste qu’un changement de variable d’état d’une structure moins élastique, moins déformable (donc moins apte à accepter de la contrainte). On ne remet rien en place, encore moins sans pratique structurelle.

Placer une main sous le sacrum n’a jamais changé, et ne changera jamais l’état du tissu conjonctif des sacro-iliaques. Il faudrait pour cela le mou puisse pousser le dur. Et ce n’est pas prêt d’arriver.

Guillaume MENAGE, Ostéopathe D.O., Héric