« C’est inflammé, c’est sans doute que j’en ai trop fait. » « Je ne comprends pas, j’ai une tendinite au bras gauche alors que je suis droitier. » « J’ai beau prendre des anti-inflammatoires et me mettre au repos, ça fait six mois que ça dure. »
Derrière ces idées préconçues, il y a différentes réalités physiologiques, ou pathologiques, selon.
Un des tableaux de la tendinite est ce qu’on appelle l’aberration fonctionnelle. Vous avez sollicité votre structure au delà des possibilités raisonnables de celle-ci: vous avez enfoncé 10000 vis au tournevis, votre coude a flambé, c’est normal, le repos sera une bonne chose.
Et puis, il y a tous ces tableaux qui durent, qui correspondent à ces idées préconçues. S’il faut un terrain favorable pour que pousse la mauvaise herbe, il y a souvent un terrain prédisposant pour que s’installe une tendinite.
C’est le tableau des hyperfonctions pathologiques. Votre insertion tendineuse « flambe » pour différentes raisons: les contraintes mécaniques locales ne sont pas bonnes, et ne permettent pas à la structure d’être sollicitée correctement, voire plus avec des variables mécaniques à distance qui accentuent les « moments de force » sur votre insertion tendineuse. Et souvent, cela s’associe à des lésions (dans le sens ostéopathique du terme) sur des variables neurologiques de la structure, ou des variables ortho vasculaires de celle-ci.
Comme tout cela peut paraître un peu complexe, nous allons prendre l’exemple du patient qui consulte pour une épicondylite. Comme on en voit souvent:
« – Bonjour, je viens vous voir parce que j’ai une épicondylite droite. Mais c’est normal, j’ai un travail de bureau, et je fais beaucoup de souris. Cela fait 6 mois que ça dure, mais cela devrait passer, parce que je vais réaménager mon poste de travail. »
Dans ce cas, la variable d’entrée, de contrainte proposée au coude n’est pas des plus traumatisantes.
L’exploration ostéopathique structurelle commencera au plus près de l’expression douloureuse: nous cherchons et traitons les lésions trouvées au plus près de la mécanique locale (celle du coude) pour obtenir la meilleure qualité élastique locale.
Puis nous investiguerons les variables mécaniques à distance en lien avec le coude: l’avant bras, le poignet, l’épaule…
Recherchons des lésions en rapport sur les variables neurologiques du coude (région cervico-dorsale). « Comme si on inspectait ce qui fait l’information électrique du coude »
Et cherchons des lésions sur les variables ortho vasculaires du membre supérieur (conjonctif en rapport avec les côtes supérieures et les dorsales moyennes). « Comme si on inspectait la perfusion vasculaire du coude »
Le tout en cohérence avec la plainte.
L’idée est d’améliorer la variable d’état de votre structure pour qu’elle accepte mieux la contrainte qui lui est imposée, pas de diminuer les contraintes mécaniques qui s’exercent dessus en vous demandant d’en faire moins.
Guillaume MENAGE, Ostéopathe D.O., Héric